Une action locale s'avère plus efficace - Eco-emballages © RN / MAP
Pour plus d'efficacité, l'information de proximité est privilégiée, avec l'aide des communes. Le cas de Montpellier est plutôt frappant.
"Il y a encore trente ans, nous n'avions qu'une seule sorte de container et une seule décharge" se souvient Christian Valette, vice-président de l'agglomération de Montpellier. Aujourd'hui, c'est un exemple en matière de gestion des déchets : harmonisation des couleurs des bacs, lissage de la taxe d'enlèvement des ordures, tri des biodéchets, etc.
"Nous avons dû énormément communiquer pour expliquer notre démarche, et nous continuons à le faire, mais le résultat est là" affirme le vice-président.
L'agglomération a surtout mis en place une sensibilisation dans les écoles, et créé des postes d' "ambassadeurs du tri", chargés de communiquer avec les habitants pour leur expliquer la démarche du tri. Des "familles tri-tout" se sont prêtées au jeu : après avoir observé leurs habitudes de tri pendant un mois, un ambassadeur leur explique ce qui peut être amélioré.
"Ils en parlent ensuite à leurs voisins, les informent, et ainsi de suite" explique Christian Valette. Enfin, l'Office public de l'habitat de la communauté d'agglomération de Montpellier (ACM-OPH) a participé activement à l'information sur le tri, en créant des points d'informations dans les maisons de quartier.
Parfois, même informés, les usagers ne sont pas toujours aidés pour trier.
"Les ambassadeurs du tri ne sont pas là pour la répression" insiste Pascal Henaux,
"mais pour comprendre pourquoi les gens ne trient pas". Eco-emballages s'intéresse particulièrement aux habitations collectives,

Eco-emballages © RN / MAP
Des abris pour containers ont été créés.
dernières de la classe du tri.
"On découvre que, dans certains immeubles, les poubelles sont mal placées, derrière une porte fermée à clef ou au troisième sous-sol, donc difficilement accessibles, ou pas assez grandes" précise Pascal Henaux.
"Les habitants ont aussi un rapport différent aux bacs, qui sont parfois sales" ajoute Eric Silvant, ambassadeur du tri en mission à l'agence ACM Lemasson.
Dans le cadre de son travail d'investigation dans le quartier Lemasson, Eric Silvant a avant tout écouté les locataires.
"J'ai analysé la situation pour comprendre leurs besoins. Depuis, nous avons créé des abris pour les bacs, imprimé des fiches explicatives, augmenté le nombre de containers..." Résultat : 40% d'amélioration du tri en quelques mois.
"Quand on implique les locataires, ils respectent forcément la démarche" conclue Louis Pouget, président d'ACM-OPH.
L'élargissement des consignes de tri à l'essai
Une centaine de villes sont aujourd'hui candidates pour participer à une nouvelle campagne d'Eco-emballages. L'idée est de tester l'élargissement des consignes de tri du plastique à l'échelle d'une commune ou d'une agglomération. Tous les plastiques seraient ainsi à placer dans le bac de déchets recyclables, y compris les films et les contenants souples : plus de question à se poser devant le container ! L'expérience devrait commencer au premier trimestre 2011 et s'étendre jusque fin 2012, et la décision d'étendre ou non les consignes de tri sera prise en 2013.